Symphonie N° 4

en ut dièse mineur. Opus 21.
Berthe Morisot, Le berceau
Berthe Morisot, Le berceau

Composition : janvier 1912 – avril 1913.

Création : le 2 avril 1914, à Paris, salle de l’ancien Conservatoire, par l’orchestre féminin de l’UPFC. Direction A. Magnard.

Dédicace : « A l’Union des femmes professeurs et compositeurs de musique. »

Édition : 

  • Réduction pour piano à 4 mains faite par Gustave Samazeuilh chez Rouart, Lerolle & Cie, 1918.
  • Partition d’orchestre chez Rouart, Lerolle & Cie, 1921.

Présentation : 

  1. Modéré
  2. Vif
  3. Sans lenteur et nuancé
  4. Animé

Plus de dix années séparent cette partition de la Troisième Symphonie (1896), intervalle qui s’explique notamment par le temps consacré aux opéras Guercœur (1897-1901) et Bérénice (1905-1911). Magnard composa sa Quatrième Symphonie en 1912-1913. Il en dirigea la création le 2 avril 1914, à la tête de l’Orchestre de l’Union des femmes professeurs et compositeurs. En choisissant cette phalange féminine, il affichait son tempérament progressiste, mais l’exécution fut semble-t-il insatisfaisante. Il fallut attendre le 16 mai 1914 pour que le succès soit au rendez-vous, grâce à une reprise dirigée par Rhené-Baton, quelques mois avant la mort tragique de Magnard. Si la symphonie reste relativement claire, en dépit de sa tonalité mineure (et riche en altérations, comme dans les Deuxième et Troisième Symphonies), son climat général ne reflète pas l’état intérieur du musicien, lequel avoua : « L’optimisme de la Quatrième Symphonie est répugnant, car aucune œuvre ne m’a donné autant de mal et n’a été conçue dans un marasme plus complet. » Devant quelles difficultés avait-il buté ? La recherche de couleurs changeantes, mais différentes de celles de Debussy ? L’élaboration d’un riche contrepoint, mais sans la densité de ses œuvres de jeunesse ? Dans ces domaines, la réussite est incontestable. On peut en dire autant de l’équilibre entre le rythme vigoureux jusqu’à la rugosité, les accents populaires archaïsants et le lyrisme intériorisé. Fait remarquable chez un musicien enclin aux chorals majestueux et aux péroraisons cuivrées, les quatre mouvements terminent piano dans un climat apaisé.

[ source : Bru Zane Mediabase ]

Pour écouter :

  • Enregistrement par l’Orchestre Philharmonique de la Radio d’Hilversum dirigé par Jean Fournet. Il nous a été fourni par Michel Tibbaut, qui l’avait copié sur une cassette audio d’une radio portative, à l’époque de sa diffusion par la Radio d’Hilversum (Pays-Bas) dans les années 1960, et l’a depuis numérisé. La qualité sonore n’est donc pas à la hauteur de cet enregistrement d’une grande valeur historique, qui mériterait à coup sûr une réédition en CD. Que Michel Tibbaut soit ici chaleureusement remercié.